Notre Dame
Back to all places
Contrairement à la Sainte-Chapelle, la construction de la cathédrale Notre-Dame fut un chantier bien plus complexe et long. Dix fois plus vaste que sa voisine, elle s’étend sur 130 mètres de long et culmine à 35 mètres sous la voûte, atteignant 69 mètres au sommet de ses tours. Achever un tel édifice en seulement sept ans était donc une utopie. En réalité, le chantier s’étala sur près de deux siècles, de 1163 à 1345.
À cette époque, la construction d’une cathédrale dépendait fortement des financements, eux-mêmes soumis aux aléas politiques, comme la guerre de Cent Ans, et sanitaires, tels que les famines récurrentes qui retardèrent, voire stoppèrent net, les travaux.
L’évolution du style gothique, avec ses changements fréquents de plans et ses nouvelles orientations stylistiques, a également considérablement freiné la construction. Le passage progressif du gothique primitif et classique, jugés trop austères, au gothique rayonnant a engendré de nombreuses modifications et ajouts.
La proximité de la Sainte-Chapelle, véritable emblème du gothique rayonnant, a joué un rôle déterminant dans l’évolution du projet. Pour rivaliser avec la splendeur de sa voisine, les architectes de Notre-Dame ont multiplié les puits de lumière à l’intérieur de la cathédrale, donnant naissance aux deux magnifiques rosaces qui ornent aujourd’hui la façade nord et sud.
Comme vous pouvez le constater aujourd’hui avec les grues et les ouvriers qui entourent la Cathédrale, bien qu’elle ait rouvert ses portes le 8 décembre 2024, il faudra encore trois à quatre ans pour finaliser la restauration de Notre-Dame après l’incendie dévastateur du 15 avril 2019, qui a notamment entraîné l’effondrement de sa flèche emblématique.
En réalité ce n’est pas la première fois que la Cathédrale menace de s’effondrer. Lors de la Révolution française, la rupture avec la religion a conduit à l’abandon et à la destruction de nombreux monuments religieux.
Au début du XIXe siècle, la destruction de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle, alors en très mauvais état, a même été envisagée.
C’est le roman “Notre-Dame de Paris” de Victor Hugo, publié en 1831, qui a sauvé Notre-Dame de la destruction.
Ce roman visait à sensibiliser le public à l’état déplorable de la Cathédrale Notre-Dame, et il a rencontré un succès retentissant. Les lecteurs se sont passionnés pour son histoire, ont redécouvert leur amour pour la Cathédrale et ont pris conscience qu’ils étaient sur le point de détruire non seulement un lieu de culte, mais aussi un symbole emblématique de Paris.
Au milieu du XIXe siècle, une campagne de restauration menée par le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc a été financée. Il est notamment à l’origine de la reconstruction de la flèche qui s’est effondrée en 2019.
Il a également été chargé de restaurer la Galerie des 28 Rois de Judée, visible sur la façade de Notre-Dame. En effet, lors de la Révolution française, en 1793, les Parisiens avaient décapité toutes les statues, les prenant pour les Rois de France en raison de la couronne qu’elles portaient.
Eugène Viollet-le-Duc a également décidé d’ajouter aux gargouilles médiévales originales les célèbres chimères. Contrairement aux gargouilles, qui servent à évacuer l’eau et à protéger la pierre de la pluie, les chimères ont été ajoutées pour romantiser le style médiéval lors de la restauration au milieu du XIXe siècle.
Trois portails surplombent les trois entrées principales de Notre-Dame. Ces portails représentent des scènes bibliques, gravées afin que les illettrés puissent les comprendre. Le portail de gauche est dédié à la vie de la Vierge Marie, car il s’agit d’une cathédrale qui lui est consacrée. Celui du milieu illustre le Jugement dernier, et celui de droite est dédié à Sainte-Anne, la mère de Marie.
48.85330, 2.34965